Pêcheurs bretons contre espions japonais

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Ça pourrait être le titre d’un bon film de kung-fu, mais non ! Il s’agit d’une petite histoire d’espionnage peu connue, mais qui ne manque pas de piquant.  Ça tombe bien puisque ces derniers temps on en parle beaucoup… « Quand les toits des ambassades ont des oreilles, tout se sait de Brest à Marseille ! »

La pêche miraculeuse

A la fin des années 80, la Marine française teste de nouveaux sonars dans l’Atlantique. Ce nouveau matériel permet de détecter le moindre bruit suspect à des dizaines de kilomètres à la ronde mais aussi, accessoirement, de localiser des bancs de poissons jusqu’à 250 mètres de profondeur.
Le gouvernement donne son accord pour que la Marine signale aux chalutiers français ces zones de pêche très poissonneuses dès qu’elles sont détectées. Les opérateurs radio prennent donc l’habitude de transmettre régulièrement les précieuses coordonnées des « coins à poissons » aux navires français. C’est la pêche miraculeuse et les marins sont ravis de ce coup de pouce.

Le Péril jaune…

Mais après quelques semaines… Les français ne sont plus les premiers à arriver sur les lieux. Des bateaux de pêche battant pavillon japonais, et en nombre, ont déjà déroulé leurs filets… Sur chaque nouvelle zone de pêche, les pêcheurs de baleines navires japonais devancent mystérieusement les marins français. Mais comment savaient-ils ?

Un chalutier japonais bardé d’électronique !

À bord de leurs bateaux hi-tech, les marins japonais embarquent des outils d’écoute très sophistiqués de la marine de guerre pour intercepter les communications radios françaises.  Si bien informés et bien plus rapides et modernes que les chalutiers français, les « pêcheurs ninjas » se ruent les premiers sur les gisements de poissons pour racler sans pitié le fond de l’océan. Les marins pêcheurs français ont du « sushi » à se faire…

 « Parler breton » pour lutter contre l’espionnage !

La Marine nationale décide alors de communiquer toutes les informations aux pêcheurs uniquement en langue bretonne !  Tandis que nos chalutiers redeviennent les maîtres des mers (surtout ceux dont l’équipage compte au moins un breton-traducteur), les pêcheurs japonais restent pantois devant leur incapacité à traduire les étranges messages qu’ils interceptent.
Ce subterfuge rappelle celui des « Code Talkers », ces Indiens Navajos recrutés par les Marines américains durant la Seconde Guerre mondiale contre l’armée Impériale pour coder et décoder des messages dans leur langue.  Les pêcheurs nippons devaient réagir et percer le secret de ce tout nouveau code, mais comment ?

Des agents doubles à Rennes

Coïncidence ou prémices d’une affaire d’état, la rentrée scolaire suivante, trois étudiants japonais s’inscrivent en DEUG de breton à l’Université de Rennes !

Étaient-ils en mission spéciale pour un armateur japonais, en service commandé pour la « DGSE nippone » ou de simples étudiants en mal d’exotisme ? Ont-ils pu finir la traduction de l’intégralité des œuvres de Pierre-Jakez Hélias en japonais ? L’histoire ne le dit pas…

D’après une anecdote relatée par Michel Rocard (Premier ministre de juin 1988 à mai 1991) dans l’un de ses livres.

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