La Guerre des Vénètes, le cauchemar de César  !

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Nous sommes en 56 avant J.-C, les Romains dominent toute l’Europe, sauf le Morbihan…et la guerre des Vénètes est le nouvel épisode de la Guerre des Gaules qui oppose les tribus celtes d’Armorique aux légions de Jules César.  Au large de la presqu’île de Rhuys va se jouer la  « bataille du Morbihan » ou « bataille de Vannes », un combat naval cruel et sans pitié qui scellera à jamais le destin des Vénètes…

Mais au fait, qui sont les Vénètes?

Les Vénètes sont un peuple armoricain de la Gaule celtique particulièrement coriace dont Jules César souhaite oublier l’existence… Ils figurent parmi les plus puissantes et influentes tribus celtes de toute la côte maritime. Ils contrôlent l’ensemble du trafic maritime de la Bretagne et détiennent le monopole du commerce de l’étain de Cornouaille, qu’ils exportent outre-Manche ou vers le bassin méditerranéen via la vallée de la Loire et la Garonne. Ce sont des navigateurs hors pair à la barre de robustes navires en bois de chêne «  pour résister à tous les chocs et à tous les outrages» se souviendra Jules César.

 « Vini, vidi ,vici » chez les Vénètes ?

En cinquante-six avant Jésus-Christ, C’est la disette et les armées de César ont faim ! César exige que les tribus celtes armoricaines remettent leurs vivres à  ses armées stationnées dans la région. Les Vénètes refusent catégoriquement de céder le moindre épi de blé à l’occupant romain. Et pour bien signifier leur hostilité, ils vont jusqu’à retenir en en otages les tribuns Quintus Velanius et Titus Sillius envoyés par César.  Le kidnapping devient vite monnaie courante et de nombreux préfets et officier militaires sont retenus captifs par la coalition gauloise formée par les Vénètes, mais aussi les clans des Namnètes Esuvii, Coriosolites, Osismes ou encore Lexoviens. Ils demandent à Rome un échange de prisonniers. La tension monte d’un cran, Jules César en perd ses lauriers et se sent humilié…l’affrontement devient inévitable !

L’empereur qui pense en avoir fini de commenter la Guerre des Gaules, craint une guerre civile dans une Armorique fraîchement pacifiée non sans mal. Il décide de lancer ses armées sur le Pays vénète pour écraser la dissidence. Et ça n’est pas facile ! Car perchées sur un promontoire rocheux ou entourées de marais, les villes et forteresses vénètes sont bien défendues. Elles sont très souvent construites sur des zones difficiles d’accès et inaccessibles depuis la terre. César réalise que la victoire doit se jouer sur la mer ! Il ordonne alors la construction de navires à rames sur la Loire et réquisitionne les bateaux de la région. Dès l’été, l’armada romaine, emmenée par Decimus Junius Brutus Albinus met le cap sur le pays des Vénètes !

200 vaisseaux vénètes face à une armée romaine fébrile !

Depuis très longtemps, les Vénètes règnent en maîtres absolus sur la petite mer bretonne ! Très vite, ils enchaînent les  victoires et envoient par le fond bon nombre de galères romaines dans la baie de Quiberon, au large de Saint-Gildas-de-Rhuys, Houat et Hoëdic  ou encore la Trinité-sur-Mer et Suscinio…

Les premières « joutes nautiques » sur le Golfe du Morbihan  démontrent la supériorité tactique et la qualité de construction des navires des Vénètes, quasiment intouchables, car plus robustes et plus hauts que les trirèmes romaines. De la même manière, le Golfe du Morbihan n’a pas de secret pour ces voyageurs des mers. Ils connaissent comme leur poche le moindre petit port ou rade, l’emplacement de criques aux faux airs inexplorés. Ils maîtrisent les courants de marée et les houles. Leurs puissants navires en bois massif sont adaptés aux hauts-fonds et aux reflux de l’Atlantique, au gros temps et aux tempêtes de Bretagne.

Quand les dieux du vent s’en mêlent…

Alors qu’une cuisante défaite paraît inévitable pour les romains, la météo joue en la défaveur des Vénètes. Le vent tombe et les puissants navires à voiles des Gaulois restent comme plantés au milieu de l’eau !

Brutus, commandant l’armée navale, prend son courage à deux mains et décide de réagir ! Il équipe ses soldats d’une faux acérée emmanchée d’une longue perche pour trancher les cordages des voiles des embarcations gauloises et les empêcher de fuir. Il ne reste plus qu’aux armées de César de détruire un à un les bâtiments de la flotte vénètes lors d’un abordage sans pitié…

« Vae victis », malheur aux vaincus !

Après une bataille qui, selon César, dure « depuis la quatrième heure du jour environ jusqu’au coucher du soleil », l’armada celte est totalement anéantie et avec elle tout espoir de victoire…Les membres du Sénat vénète sont exécutés par Brutus , Rome fait main basse sur toutes les richesses des marchands et les vaincus sont vendus comme esclaves…Acculés et affaiblis, les vénètes ne purent même pas apporter une quelconque aide à Vercingétorix, 4 ans plus tard, en 52 avant J.C, lors du siège d’Alésia…

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