| Le feu de Saint-Pol, est un phare situé en bout de
la jetée ouest du port de Dunkerque, inscrit aux monuments historiques.
Propriété de l’État, paradoxalement il doit son nom
à Saint-Pol-sur-Mer, bien qu’il se trouve à Dunkerque.
Construit en 1937-1938 (mais restauré à l’identique en
1954), allumé en 1939, il est la dernière œuvre de
l’architecte Gustave Umbdenstock. C’est aussi le seul phare Art déco
de l’Hexagone. Il est inscrit monument historique depuis le 31 décembre
1999.
Caractéristiques du feu
Le feu de Saint-Pol est dénommé "feu" faute de
satisfaire à au moins deux des critères de la définition
du phare au sens strict qu’en donne l’administration française.
L’architecture particulière du feu de Saint-Pol apparaît
comme une sculpture énigmatique et déroutante. La partie
couronnement de la tour offre ainsi à sa lanterne un décor
singulier pour un édifice dédié à la signalisation
portuaire. Trois coupoles renversées futuristes font la signature
artistique de ce phare. Elles produisent un surprenant contraste avec
la partie supérieure constituée d’un encorbellement d’inspiration
moyenâgeuse, avec ses ouvertures en forme de meurtrières,
supporté par une série de corbeaux verticaux alignés
selon une géométrie néanmoins presque contemporaine
qui se termine par un balcon circulaire équipé d’une rambarde
métallique, servant aujourd’hui de support à une série
de quatre panneaux solaires. Cette singularité explique probablement
qu’on qualifiait jadis le feu de « la plus belle tour du plus beau
châteaux ».
Au sommet, la base du dôme de cuivre qui coiffe le feu est décorée
d’une frise en métal découpé (formant une couronne)
qui surplombe des gargouilles noires en forme de tête de lion.
Porte du phare, avec son étoile des vents (emblème du Service
des phares et balises) et une partie émaillée préservée
(à gauche)
Le fut, légèrement tronconique, est réalisé
en briques rouges mais, à l’origine, il était entièrement
revêtu de briques émaillées blanches, du moins jusqu’à
l’encorbellement. Au dessus, seul le soulignement des ouvertures, le haut
des corbeaux et le rebord supérieur étaient émaillés
ou blanchis. Sous les coupelles le fût était ombré
d’une teinte différente. L’émail s’est érodé
avec le temps mais cela explique les traces blanchâtres qui s’observent
un peu partout sur le phare. Il subsiste d’ailleurs une petite partie
émaillée intacte à la base, près de la porte
d’entrée et dans la partie arrière (face à la mer)
où l’on peut malheureusement observer aussi le début de
la dégradation du double revêtement.
Sur le fût du phare, se trouvent trois rangées de signaux
lumineux, rouges et verts, dits feux de police, qui étaient autrefois
employés pour réguler les entrées et sorties dans
le port, à partir de la capitainerie d’où ils étaient
actionnés. Ils sont protégés par les curieuses coupoles
qui servent de pare soleil. Les signaux, rouges et verts, sont orientés
vers les quatre points cardinaux.
La hauteur du feu est de 36 m et sa portée de 15 milles (pour
le secteur blanc) et 12 milles (pour le secteur vert).
Le phare se trouve sur le musoir d’une longue jetée dont le côté
ouest n’est totalement baigné par la mer qu’au moment des grandes
marées. Pour les autochtones, la jetée est un lieu de pêche
aux maquereaux (notamment) tandis que le côté Est est propice
au ramassage des moules sauvages.
Sauvetages du feu
Pendant la Seconde Guerre mondiale, il était entouré et
enseveli par un blockhaus jusqu’à mi-hauteur et servait de poste
d’observation, les sous-sols étant transformés en chambres
de munitions. Précédemment, des rails avaient même
été installés sur la jetée pour faciliter
le transport et les déplacements (Cf. Galerie). Le blockhaus fut
démonté en 1946 mais il fallut attendre encore huit ans
pour retrouver un feu restauré dans son état initial en
1954.
Le feu fut gardé jusqu’à son automatisation en 1978 (le
dernier gardien en poste fut M. Louis Marcourt jusqu’en 1979). Délabré
ensuite, notamment après que l’on ait arrêté son chauffage
en 1991, son remplacement fut envisagé par une structure métallique.
Pour juguler cette perspective, une association de défense (Myosotis)
s’est créée en 1996, notamment pour faire reconnaître
le feu Saint-Pol comme monument historique, ce qui fut obtenu par arrêté
en date du 31 décembre 1999 grâce à l’action conjuguée
de cette association et des élus. La campagne de sauvegarde du
feu qu’elle engagea fut notamment marquée par la vente d’une affiche
du feu dessinée par E. Stroobandt et l’accueil d’une exposition
sur les plus beaux phares du monde élaborée par le photographe
K. Spitzer.
Accès au feu
Initialement, le phare était accessible les jours de tempête
par une galerie souterraine sous la jetée (elle est désormais
murée). Aujourd’hui, l’accès au phare reste uniquement pédestre
à partir de la naissance de la jetée ouest qui, elle, est
accessible par la route de l’Ecluse-Trystram, après le passage
de deux ponts d’écluses amovibles (dont l’écluse Charles-de-Gaulle),
à partir de Dunkerque, en passant par le phare de Risban. Un itinéraire
de contournement des écluses est possible par l’ouest, à
partir de Grande-Synthe, le long de la zone industrielle portuaire de
Dunkerque qui permet aussi de découvrir une immense plage de sable
fin qui abouti au pieds de la jetée ouest supportant le phare.
| Source: Phares et balises |
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