| Le phare de Dunkerque ou phare de Risban est un phare côtier
portuaire automatisé de premier ordre. C’est le plus haut de France
de ce type. Il est l’un des feux dépendant du centre de balisage
de Dunkerque et la propriété de l’État. Il est encore
en service et peut être visité.
Historique
L’entrée principale du phare et le bâtiment annexe
Le phare de Dunkerque est bâti sur les ruines du fort Risban (ou
Gros Risban) aménagé par Vauban à partir de 1681
(d’où le nom de Phare de Risban), sur lequel se trouvait initialement
le premier phare de la ville, un fanal allumé en 1683, qui fut
emporté par une tempête en 1825. Précédemment,
le fort lui-même avait été volontairement démoli
en 1713 (conformément au traité d’Utrecht). Construit en
1842 (la date est gravée à deux endroits) et mis en service
l’année suivante, il fait partie des tout premiers phares érigés
lors du premier plan de signalisation maritime français organisé
par le capitaine de Rossel et Augustin Fresnel en 1825. Il fut édifié
après l’extension d’environ 300 mètres des jetées
du chenal menant au port. Le premier site prévu pour l’implantation
du nouveau phare devait d’abord être celui de la tour du Leughenaer
auquel le phare de Risban a succédé pour faire face au manque
de fiabilité de cette vieille lanterne du XV° siècle
qui, elle-même, avait été élevée au
rang de phare à partir de 1825, au moment où le premier
phare de Risban venait d’être détruit par les éléments.
Les travaux entrepris en 1883 pour l’installation de l’éclairage
et du bâtiment annexe pour les machines et le logement des conducteurs
sont dues à l’ingénieur Lyriaud des Vergnes. Le feu n’a
cessé d’être renforcé. En 1885, le phare de Risban
sera l’un des premiers feux électrifiés au moyen d’une lampe
à arc actionnée par des magnéto-génératrices.
Avant son électrification, les combustibles employés furent
successivement de l’huile végétale (1843), puis de l’huile
minérale (1875). Le phare fut sérieusement endommagé
par les bombardements de 1940 et d’importants travaux de réparation
seront programmés dès 1946. Le phare est automatisé
depuis 1985. Il a été restauré en 1992.
Présentation et caractéristiques
Le couronnement du phare et ses pilastres noirs
Localisation : Finalement situé dans la partie est du port, face
aux grues des chantiers et aux grands navires, après l’écluse
Trystram, le fût blanc et noir du phare de Risban domine le port
et permet à son sommet une vue imprenable sur la mer, l’agglomération
et l’arrière pays des flandres. C’est le phare le plus septentrional
de France (à l’ouest de la commune française la plus septentrionale,
Bray-Dunes) et c’est aussi le seul feu de premier ordre, avec celui de
Calais, à être établi dans un port, non loin du centre
ville. En langage de gardiens de phares de l’époque, c’était
un "paradis", proposé seulement en fin de carrière,
c’est-à-dire, offrant une situation confortable par rapport aux
phares des îles (purgatoires) ou ceux perdus en mer (enfers).
Le bâtiment : Le phare se présente comme une tour
cylindrique de 3,90 m de diamètre, entièrement construite
en briques recouvertes d’un enduit lissé, qui repose sur un bâtiment
rectangulaire renfermant deux logements et des locaux techniques (grenier
et cave). Les fenêtres et portes sont en arc en plein cintre. A
l’arrière un bâtiment rectangulaire est relié au phare
par un couloir. Le phare dispose d’un Jardin. L’ensemble mesure 63 mètres
de haut (55 m pour le phare lui-même, hors bâtiments, et 66,35
m au-dessus de la mer). C’est, en France, le plus haut de sa catégorie.
Un escalier en colimaçon de 276 marches mène à sa
lanterne. L’escalier tourne autour d’un puits qui servait de monte-charge
manuel. Le double couronnement à attique, aujourd’hui peint en
noir, sert de protection. Il est orné de pilastres en pierres taillées
qui donnent une allure très soignée à la tour. Au-dessus,
une double plate-forme, chacune se terminant par une sobre rambarde à
barreaux qui couronnent son élégance. Au sommet, la lanterne
a été sablée et peinte. Pour certains, le tout n’évoque
cependant qu’un « bec à gaz »[7].
L’optique : Son feu est une dioptrique lenticulaire (Lentille
de Fresnel). La première optique en 1843 est un feu à éclipses
de mn/mn de 0,92 m de focale. Type Mixte François Soleil. Depuis
1885, date à laquelle le phare fut électrifié, il
est scintillant (signaux très brefs et très rapprochés).
L’optique a cependant été constamment renforcée :
une focale 0,30 m en 1885 et 1902, à 12 panneaux au 1/12 en 1908,
renforcée en 1923. Aujourd’hui il s’agit d’une optique tournante
de 2 x 2 éclat blancs groupés en 10 secondes à 4
panneaux. Lentilles de renvoi aérien. focale 0,50 m sur cuve modèle
BBT[8] Ø 0,985 m. Cette cuve à mercure soutenant l’optique
est encore visible (la première datant de 1883 était une
Sautter-Lemonnier). Le plancher de l’actuelle cuve est soutenu par une
colonne en fonte se situant dans la chambre de veille.
La lanterne : de Ø 3 m à murette et ventilateurs
(elle est posée sur la murette maçonnée). Lanterne
à boule et piédouche. Vitrage cylindrique simple à
montants inclinés. La lanterne est éclairée par une
lampe halo de 1000 W, ce qui donnerait au phare une portée d’environ
28 milles, bien qu’une source semble indiquer une portée de 40
milles[6],[9].
Des panneaux explicatifs, à l’intérieur, évoquent
le Centre de balisage de Dunkerque, l’un des plus importants de France,
avec un rayon d’action de la frontière belge à la baie de
Somme.
A l’intérieur trônent également de manière
symbolique les bustes de Augustin Fresnel et de Charles-François
Beautemps-Beaupré
Le phare n’est plus gardé mais il peut se visiter l’été
par l’intermédiaire du Musée portuaire de Dunkerque (sur
réservation).
é en 1837 et rehaussé en 1861 ; l’électrification de celui-ci se fit
en 1869. Détruit par les Allemands pendant l’été 1944, la tour fut reconstruite
en 1952.
| Source: Phares et balises |
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