| Le phare de Cordouan est un phare situé à sept
kilomètres en mer sur un plateau rocheux, à l’embouchure de
l’estuaire de la Gironde, estuaire formé par la confluence de la
Garonne et de la Dordogne, donnant dans l’océan Atlantique. Il éclaire
et sécurise fortement la circulation dans les deux passes permettant
l’accès à l’estuaire : la Grande passe de l’Ouest, balisée
de nuit, qui longe le rivage nord depuis le banc de la Coubre, et la passe
Sud, plus étroite, et qui n’est absolument pas balisée la
nuit.
Il se trouve dans le département de la Gironde, en Aquitaine,
entre les villes de Royan, Vaux-sur-Mer et la Pointe de Grave, sur le
territoire de la commune du Verdon-sur-Mer, sur lequel il figure à
la parcelle numéro 1 du cadastre.
Le phare de Cordouan, appelé parfois le Versailles de la Mer,
le Phare des rois, ou encore le Roi des phares, fut le premier phare classé
monument historique en 1862[3], en même temps que Notre-Dame de
Paris.
Au Haut Moyen Âge, des Maures de Cordoue auraient installé,
à l’entrée de l’estuaire de la Gironde, un comptoir commercial.
Pour assurer la sécurité de leurs vaisseaux, et leur permettre
de circuler à travers les dangereux courants des passes, ils auraient
construit un phare. Le nom du Phare de Cordouan serait dérivé
de « Cordoue ». Mais aucun document ne vient confirmer cette
hypothèse.
Phare de Cordouan au XVIIe siècle par Claude Chastillon
La circulation des navires étant toujours aussi dangereuse dans
cette zone, au XIVe siècle, le Prince Noir (Édouard de Woodstock),
prince de Galles et duc de Cornouailles, fils aîné du roi
Édouard III d’Angleterre, qui gouverna la Guyenne de 1362 à
1371, ordonna la construction d’une tour au sommet de laquelle une personne
vivait recluse et allumait de grands feux. Mais, cette tour fut vite abandonnée,
et deux siècles plus tard, elle était en ruine.
À la fin du XVIe siècle, le Maréchal de Matignon,
gouverneur de Guyenne, se préoccupa à son tour de la sécurité
de la navigation dans l’estuaire. Le 2 mars 1584, en présence de
son ami Michel de Montaigne, maire de Bordeaux, il passe commande du phare
de Cordouan à Louis de Foix, ingénieur-architecte. Le nouvel
ouvrage est qualifié d’« œuvre royale ».
Louis de Foix a consacré 18 ans de sa vie et toute sa fortune
à la construction du phare et mourra en 1602 avant d’en voir la
fin. Son fils reprendra sa succession mais ruiné, il transmettra
le flambeau à François Beuscher, ancien conducteur de travaux
de Louis de Foix qui termina son œuvre en 1611, soit 27 ans après
la signature du contrat.
Vue depuis le sommet du phare, en regardant vers le Sud-Est
Lors de sa mise en service, au XVIe siècle, le phare était
constitué d’un petit dôme à huit baies fermées
de vitraux. Dans un bassin placé sur un piédestal en bronze,
on brûlait un mélange de bois, de poix et de goudron. La
fumée était évacuée par une pyramide creuse
de 6,50 m de hauteur. Le feu était situé à 37 m au-dessus
des plus hautes mers.
En 1645, une violente tempête détruisit la pyramide et le
dôme ; ce dernier fut rétabli en 1664, et le combustible
fut remplacé par du blanc de baleine.
En 1719, la partie supérieure de la tour fut démolie. Elle
sera reconstruite en 1724 sur de nouveaux plans, dus au Chevalier de Bitry,
ingénieur en chef des fortifications de Bordeaux.
Localisation du phare de Cordouan
Le premier feu à réverbères paraboliques vit le
jour en 1782.
De 1782 à 1789 l’ingénieur Joseph Teulère suggéra
de rehausser cette tour de 30 mètres en conservant le rez-de-chaussée
et les deux étages, et ceci dans le style Louis XVI dont la sobriété
un peu sèche contraste avec la richesse des étages inférieurs,
qui ont conservé leur décoration Renaissance.
Puis, en 1790, l’ingénieur Teulère, après avoir
rehaussé le phare à 60 m au-dessus des plus hautes mers,
mit au point le premier feu tournant à réverbères
paraboliques. Il était constitué de lampes à huile,
ou becs d’Argand, et était manœuvré par une machine
construite par Mulotin, horloger à Dieppe. Le combustible était
un mélange de blanc de baleine, d’huile d’olive et d’huile de colza.
Le premier appareil lenticulaire de Fresnel à système tournant,
application de l’invention d’ Augustin-Jean Fresnel, fut expérimenté
à Cordouan en 1823. La lampe à trois mèches concentriques,
approvisionnée à l’huile de colza au moyen d’une pompe aspirante
et foulante, était placée au « plan focal »
de l’appareil.
Les travaux de renforcement du bouclier entrepris en 2005
En 1948, l’électrification du phare de Cordouan fut réalisée
au moyen de deux groupes électrogènes autonomes - on en
rajouta un troisième en 1976 - reliés à une lampe
de 6000W en 110 volts triphasé. Le feu fixe, transformé
en feu à occultations avec trois secteurs colorés, est situé
à 60,30 m au-dessus des hautes mers.
En 1984, une lampe de 450 W au xénon a été installée.
Mais elle a été remplacée trois ans plus tard par
une lampe de 2000W aux halogènes
Entre mars et novembre 2005, une cuirasse de béton armé
de 70 mètres de long et de 8 mètres de haut a été
construite autour du flanc ouest du bouclier, afin de mieux le protéger
des assauts de la houle d’ouest, qui entraînait des vibrations mettant
en danger la structure du phare. Les travaux, réalisés par
la société Guintoli, ont coûté environ 4,5
millions d’euros.
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