La tour Garengeau : La tour Garangeau est constituée
d’un fût cylindrique, soit un édifice de forme ronde exhaussé
de 16 mètres au-dessus du sol. On y monte par un escalier à
noyau pratiqué dans une tourelle attenante et de même hauteur
que la tour. Elle renferme un embas voûté servant de magasin
et deux étages voûtés servant autrefois de logement
aux gardiens.
Le phare de 1950 :
Le sol sur lequel le phare a été
implanté se trouve à 55 mètres au-dessus du niveau
des plus hautes mers. C’est un terrain rocheux couvert de landes et dominant
la mer. Le nouveau bâtiment est en forme de U à un niveau,
au milieu duquel s’élève une tour carrée surmontée
d’une plate-forme en encorbellement sur laquelle repose un massif circulaire
supportant la lanterne. Dimensions principales de l’édifice : hauteur
au-dessus du niveau du sol : 32, 85 m hauteur au-dessus du niveau des plus
hautes mers : 88, 55 m hauteur du foyer au-dessus du niveau du sol : 29,
60 m hauteur du foyer au-dessus du niveau des plus hautes mers : 88, 30
m. La maçonnerie en moellons ordinaires est réservée
pour les parements non vus et les parements induits. La maçonnerie
en moellons de granit posés en assises réglées de hauteur
inégale, avec parement smillé, est réservée
pour le remplissage des façades et toutes les maçonneries
vues autres que la pierre de taille. La maçonnerie de pierre de taille
pour socles, angles, dallages, tableaux des baies, cintres, linteaux, appuis,
colonnes, perrons, encorbellement, souches, gargouilles, couronnements,
créneaux, emmarchement, est soit à bossage brut de fente,
soit smillé, soit bouchardé.
Le soubassement et les chaînes
d’angles ont été réalisés en pierre de taille
à gros bossage. Les moellons ordinaires provenant de la démolition
de l’ancien phare serviront aux maçonneries intérieures à
parements non vus. Les moellons de parements sont de nature granitique,
de couleur gris clair, beige ou chamois et proviennent des carrières
de Dinan. Les pierres de taille sont en granit provenant des carrières
des Sables-d’Or. Le béton armé a été utilisé
pour la dalle constituant l’assise de la tour, la corniche entourant le
bâtiment imitant le granit, l’escalier, les paliers, les planchers,
les terrasses, les escaliers d’accès au sous-sol et leur garde-corps.
Le toit et la terrasse sont en béton armé, la coupole en bronze.
L’escalier de la tour en pierre de taille comprend 160 marches. Les murs
de la salle d’honneur du phare sont décorés avec 12 panneaux
en bois (50 cm x 50 cm), sculptés par l’artiste Tullou en 1950 et
représentant des scènes sous marines, où la faune et
la flore sont mis en relief. Une grande fresque réalisée en
1950 par René Aubert, sur le pignon intérieur ouest, de 4
m de longueur sur 2 m de largeur, représente une carte en relief
des phares du département.
Etat de conservation : inégal suivant les parties
Historique
Datation(s) principale(s) : 3e quart 17e siècle ; 1er quart 18e
siècle ; 4e quart 19e siècle ; 3e quart 20e siècle
Auteur(s) de l’oeuvre : Garengeau Simon (ingénieur, inspecteur
des fortifications) ; Hémar Yves (architecte)
Justification de la (des) attribution(s) : attribué par source
La pointe du Cap Fréhel, entre la baie
de Saint-Brieuc et la rade de Saint Malo, est occupée par deux
phares qui se détachent nettement sur cette avancée battue
par les vents. La vieille tour, qui fut construite de 1701 à 1702,
reste historiquement le plus ancien phare à terre de Bretagne.
Elle se remarque par son architecture en tour fortifiée selon le
plan élaboré par l´ingénieur Garengeau, à
la demande de Vauban. Le phare actuel, construit de 1947 à 1950
selon les plans de l´architecte malouin Yves Hémar, est de
grand atterrissage puisqu´il a une portée de 29 miles, grâce
à une magnifique optique de 0, 50m de focale de deux éclats
groupés, tournant sur une grande cuve à mercure.
Sa tour
carrée est composée de moellons des carrières des
Sables d´Or. Le rez-de-chaussée du phare comporte les logements
des gardiens ainsi qu´une grande salle de réception boisée.
Elle est ornée, sur sa gauche, d´une peinture murale représentant
les phares de la côte. Le mobilier en place, ainsi que cette décoration,
illustrent l’importance du service des phares après la seconde
guerre mondiale. Enfin, le phare possède un ascenseur, chose rare
dans ce type d´édifice. Le Cap Fréhel est un point
remarquable pour la navigation grâce à sa position avancée
dans la Manche, entre la baie de Saint-Brieuc et la rade de Saint-Malo.
Aussi a-t-il de tout temps servi de point d’atterrissage pour les navires
à destination de Saint-Malo : navires de commerce revenant des
Antilles, d’Amérique du Sud ou des Indes, morutiers de retour de
Terre-Neuve, corsaires ou pirates adeptes du trafic interlope, tous se
retrouvaient sur les quais de la cité malouine. Cependant, la rade,
difficile d’accès, n’est pas abritée des vents de nord-est
; les courants y sont violents, le marnage parmi le plus important d’Europe
et les sept passes étroites sont encombrées de roches dangereuses.
Dès l’année 1650, selon l’abbé Manet qui s’intéressa
de manière approfondie à l’histoire de la ville de Saint-Malo
("Histoire de la petite Bretagne, Saint-Malo, 1834), le développement
du commerce malouin décida les autorités locales à
établir un feu au sommet de la tour déjà construite
sur l’île des Ebihens en avant de la pointe du Chevet. Il s’avéra
cependant plus judicieux de l’installer sur la pointe de Fréhel
"côte hardie, abrupte et coupée à pic, que sa
grande élévation fait découvrir de très loin."
Les phares de Fréhel : 1650 environ : une tour à feu est
installée sur le cap par les commerçants et armateurs malouins
à leurs frais. Ce fanal, alimenté au charbon de terre dans
un réchaud en fer sur le sommet de la tour (alimenté par
deux hommes nuit et jour), fut considéré comme trop sommaire
et trop bas. Son remplacement s’avéra nécessaire. 1702 :
la tour est reconstruite avec les moellons du premier édifice et
le granite des îles de Chausey, sur les plans de l’ingénieur
du roi, Garengeau (sous les ordres de Vauban). Quelques années
plus tard, des travaux de consolidation furent exécutés
sur la tour par Antoine de la Bussière. 1729 : le charbon est remplacé
par de l’huile et le fanal reçoit la protection d’une première
lanterne 1774 : installation d’un nouvel appareil à 60 bec lumineux
à réverbères sur 3 rangs superposés (combustible
: huile de baleine, puis huile de colza en 1819) 1821 : nouveau feu, appareil
tournant à 8 grands réflecteurs, un éclat long toutes
les 135 secondes (8 doubles becs d’Argant). 1er mai 1847 : feu de premier
ordre à éclats longs blancs toutes les 30 secondes (système
Fresnel) sur une nouvelle tour octogonale en pierres de taille, de 22
mètres de hauteur et de 3, 40 m de diamètre, avec des logements
de gardiens sur les côtés. Projet présenté
par les ingénieurs Boucher et Méquin, remanié par
Léonce Reynaud, directeur du Service des Phares, approuvé
par décision ministérielle du 17 septembre 1844. Travaux
exécutés de 1845 à 1847 par les entrepreneurs Ramard
et Mercier. L’accès au phare est facilité par la construction
d’une route en 1851. La lumière est visible à 22 miles marins
(40 km). En 1860, la commune de Plévenon achète une parcelle
de 50 ares au service de la Marine pour la construction d’un poste électro-sémaphorique.
1884-1886 : construction des nouveaux bâtiments pour recevoir les
machines électriques (qui ne furent pas installées) et accueillir
les gardiens-mécaniciens ; travaux exécutés par l’entreprise
Lecerf et Merdrignac de Dinan. 5 juin 1903 : nouveau feu à 2 éclats
blancs toutes les 10 secondes, caractéristiques conservées
de nos jours (nouvelle lentille lenticulaire de second ordre, 70 cm de
distance focale). Installation d’une cuve à mercure BBT. Eclairage
fourni par un brûleur à incandescence au pétrole.
Dés 1940, le phare de Fréhel est entouré de nombreux
blockhaus et autres éléments défensifs et de surveillance
aérienne et maritime (radars), en raison du site stratégique
qu’occupait l’édifice.
11 août 1944 : la tour moderne est
détruite par les troupes allemandes. La vieille tour de 1702 porte
un feu provisoire en juin 1945, alimenté par une ligne de haute
tension, avec un petit groupe électrogène de secours. 1er
juillet 1950 : feu à 2 éclats blancs toutes les 10 secondes
sur une nouvelle tour carrée en pierre de taille à fort
bossage, sur logements avec arcades. Travaux effectués par Péniguel,
entrepreneur à Dinan, selon les plans de l’architecte malouin Yves
Hémar. (Archives Nationales : F/14/19988, Paris, AD 22 série
S). Une lampe halogène de 1000 w remplace l’ancienne lampe de 3000
w, et porte la lumière à 200 m par temps de brume et à
110 km par temps clair. Le système d’éclairage fonctionne
aujourd’hui en automatique.
Le gardien assurant la maintenance et la surveillance
de l’ensemble. En plus du système optique, le phare est équipé
de systèmes électroniques de communication, un relais VHF
pour le CROSS Corsen, un radio-phare et le système Radio Sylédis
pour l’entrée des car-ferries à Saint-Malo. A l’extrémité
de la pointe, une petite construction ronde renferme la corne de brume
(2 sons par minute). Avant la guerre, à coté de ce bâtiment,
il y avait une base pour les Sauveteurs Hospitaliers Bretons. Les marins
descendaient leur canot à la mer à l’aide d’un système
de palan, côté est. Le 17 novembre 1925, le Touring-Club-de-France
(fondé en 1890) loue une partie de la pointe du Cap pour favoriser
l’accueil des touristes et aménage une plate-forme, à l’emplacement
de la sirène à vapeur.
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