Le prince Efflam, le Roi Arthur et le Dragon

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Il fut un temps où les dragons vivaient heureux en Bretagne. Puis les premiers moines chrétiens arrivèrent et le déclin commença… Aujourd’hui, nous vous racontons l’histoire de Saint Efflam, l’un des premiers ermites chrétiens d’Armorique, du roi Arthur et d’un terrible dragon qui s’affrontèrent sur la plage de Plestin-les-Grèves dans les Côtes-d’Armor.

Une chasse au dragon sur la plage de Plestin-les-Grèves

Né en l’an 448, Efflam est le fils héritier du roi d’Irlande. Son père le destine à la gouvernance du royaume, mais le jeune prince rêve en secret de s’adonner à la vie monastique.  Très loin des chemins nobles et royaux, il préfère la prière, l’abstinence et le jeûne à l’art de la guerre et la politique. Pour ne pas désobéir à son père, il épouse la princesse Enora. Peu de temps après le mariage, il se soustrait aux obligations de la vie conjugale et déserte la Grande-Bretagne pour rejoindre l’Armorique. Après avoir traversé la Manche en barque, il met alors le cap sur la côte du diocèse de Tréguier. À peine débarque-t-il sur la plage de Plestin les Grèves qu’il aperçoit à quelques dizaines de mètres de lui un énorme dragon, celui-là même qui engendrait depuis des lustres la désolation de toute la contrée. Réputé rusé et invincible, le monstre marchait sur la plage à reculons pour visiblement brouiller les pistes et échapper à ses poursuivants. Et quelle fut la surprise d’Efflam quand il reconnut son cousin le Roi Arthur aux trousses de l’animal !

La suite est sujette à deux versions différentes :

Le Roi terrasse le dragon et devient Arthur Pendragon…

Après un terrible combat, le glorieux Roi des Bretons triomphe du dragon.  Une croyance recueillie par M. de Fréminville (un érudit du XIXe siècle) affirme que cette victoire lui valut le titre de Arthur Pendragon (du Celte « uter pen dragon » qui signifie « tête du dragon »). Toujours est-il qu’après un combat long et acharné, Arthur est très mal en point, affaibli et assoiffé. Avec sa crosse, Efflam frappe un rocher d’où jaillit miraculeusement une eau claire et fraîche avec laquelle Arthur put étancher sa soif, panser ses plaies et ainsi échapper au péril qui le menaçait. Le miracle accompli, Efflam s’en alla dans la forêt pour continuer ses aventures en terre bretonne.

Dans un élan christique, Efflam hypnotise le dragon qui s’écrase dans la mer…

Le combat, vif et opiniâtre, allait durer des journées entières sans faire de vainqueur. Le dragon résiste victorieusement aux assauts du Roi Arthur. Ce dernier, acculé, exténué et affaibli, n’a plus la force de poursuivre la lutte. Devant la détresse du roi, Efflam décide de continuer lui-même le combat. Il se rend à l’entrée de la caverne du dragon et lui demande de sortir de sa tanière au nom du tout puissant seigneur Jésus Christ. Le dragon s’exécute et du haut d’un rocher se précipite sur les récifs pour disparaître à tout jamais dans les flots.

Le saviez-vous ?

Efflamm est un saint Breton semi-légendaire et le saint Patron de Plestin-les-Grèves dans les Côtes-d’Armor.
Le 26 juin 1819, l’abbé Tresvaux  aurait découvert les reliques du prince irlandais dans l’église Saint-Efflam de Plestin. Les ossements étaient abrités sous une pierre plate à trois pieds sous terre.
À quelques pas de là, on trouve la fontaine miraculeuse Saint-Efflam, à l’endroit même où le saint fit jaillir la source d’eau salvatrice. Depuis des siècles, elle a la réputation d’être une fontaine de prédiction.

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