Où peut-on trouver d’anciens cimetières de druides en Bretagne ?

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Le druide est le personnage omnipotent et omniscient de la société celtique. Il est à la fois ministre du Culte, savant, médecin, professeur, philosophe, juriste, historien, diplomate, conseiller militaire du roi…mais pas immortel ! Nous vous proposons un petit tour d’horizon des lieux où l’on peut découvrir des cimetières de druides et druidesses en Bretagne.

L’île de Béniguet, Finistère

Située dans l’archipel de Molène dans le Finistère, juste à côté de Bréhat, l’île de Béniguet (du breton « benniget» qui signifie « île bénie ») fut habitée dès le néolithique. Des fouilles ont mis à jour de nombreux menhirs et dolmens, ainsi que des fragments de poteries romaines. Dans l’ouvrage Voyage dans le Finistère de Jacques Cambry – revu et augmenté par Émile Souvestre – on peut lire que « M. Hesse, naturaliste distingué, y a vu en 1835 plusieurs grands tombeaux celtiques formés de pierres brutes jointes côte à côte, et recouvertes de grandes dalles non taillées et également juxtaposées. Chacun de ces tombeaux présentait la figure d’un rectangle d’environ dix pieds de largeur sur quinze de longueur.» Un cultivateur de l’île dit, quant à lui, avoir ouvert deux de ces tombeaux; il les trouva remplis d’ossements humains. Ces découvertes ont conduit Édouard Vallin à avancer l’idée selon laquelle l’île de Béniguet pourrait être un lieu sacré dédié aux rites funéraires druidiques.

L’île de Sein, Finistère

Dans la mythologie celtique bretonne, c’est sur l’île de Sein (où d’ailleurs serait né Merlin l’Enchanteur) que résidait le collège des neuf druidesses vierges appelées les Gallisenae ou Gallizenae. Selon la tradition, l’île était également la dernière demeure des druides gaulois qui traversaient, avant ou pendant leur mort, la baie de Douarnenez, d’où le nom de la baie des Trépassés.

La forêt de Brocéliande, Ille-et-Vilaine

Située entre les départements d’Ille-et-Vilaine et du Morbihan, la forêt de Brocéliande est célèbre pour abriter le « Tombeau de Merlin ». On sait aujourd’hui que la légende fut inventée 1820 par l’antiquaire Jean Côme Damien Poignand. En 1896, Félix Bellamy, érudit local et auteur d’un ouvrage de référence sur la forêt de Paimpont-Brocéliande, voyait dans les mégalithes de la Prise de Comper près de Paimpont les vestiges d’un ancien cimetière druidique.

Pleslin-Trigavou, Côtes-d’Armor

Au nord de Dinan,  Pleslin-Trigavou abrite «le champ des Roches» que l’on appelle aussi «Le cimetière des Druides». Érigé vers 2.000 ans avant J.-C., cet alignement est le troisième plus important de Bretagne. On peut y voir près de 65 menhirs de quartz blanc, pour la plupart renversés. D’aucuns pensent qu’il s’agirait d’un cimetière où les druides et druidesses étaient déposés après leur mort.

Saint-Quay-Portrieux, Côtes-d’Armor

Le cimetière de Saint-Quay-Portrieux, en baie de Saint-Brieuc, accueille la sépulture d’un druide contemporain. Il s’agit de Gaston Gautier alias « Matilin »  (1907-1962). La tombe du druide est marquée par un menhir.

Comment les druides étaient enterrés ?

Bien qu’il soit impossible d’attester formellement de l’existence de cimetières druidiques en se référant  aux seuls dires des auteurs anciens, les archéologues ont cependant trouvé dans le mobilier funéraire de certains sites des objets usuels distincts du gaulois lambda : bâton, bourse d’herbes et de graines, scalpel-pincettes, scie de trépanation…

Les cimetières de druides, mythe ou réalité ? 

Parmi les différentes hypothèses et spéculations (car les Celtes n’ont laissé aucun écrit), certains pensent que les druides étaient inhumés dans une fosse en position assise. D’autres affirment qu’ils étaient incinérés et leurs cendres dispersées dans les eaux d’une rivière ou encore que leur corps était laissé à l’air libre et offert à l’appétit vorace des corbeaux et autres oiseaux charognards.

Quoi qu’il en soit, on laisse volontiers cavaler notre imagination et croire que certains menhirs indiqueraient l’emplacement de sépultures druidiques devenues un sanctuaire consacré à leur mémoire. Il faut bien rêver un peu, non ?

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