Le château de Combourg, «Mémoires d’outre-tombe» et fantômes

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Situé entre Rennes et Saint-Malo en Ille-et-Vilaine, le château de Combourg est considéré en littérature française comme le « berceau du romantisme ». François-René de Chateaubriand y passe une partie de son enfance. Son œuvre autobiographique, Mémoires d’outre-tombe, décrit cette période teintée de morosité, mélancolie et apparitions fantomatiques !

Le château de Combourg…un peu d’histoire

En 1761, le château de Combourg dont l’origine remonte au XIIe siècle (alors ancienne forteresse veillant sur le duché de Bretagne indépendant), est vendu à Chateaubriand père, riche armateur de Saint-Malo.  À partir de 1777, toute la petite famille s’y installe. Le futur poète et romancier à succès allait passer une partie de son enfance au château, souvenirs qu’il immortalise dans ses Mémoires. Le château sera saccagé lors de la Révolution avant d’être remis en état en 1876 après 80 années passées dans l’oubli.

Figurine de François-René Chateaubriand

14.5 x 4.5 x 5.0 cm

Le fantôme à la jambe de bois et la momie du chat

Chateaubriand va vivre à Combourg « deux années de délire » qu’il décrit copieusement dans ses Mémoires d’outre-tombe. Humeur morbide et oisiveté maladive, soirées lugubres dans son donjon…le jeune ado romantique va mal, très mal. Il est lui-même témoin de phénomènes étranges en place et lieu de la Tour du Chat, à en croire les différents occupants, le lieu le plus hanté du château.

La légende raconte qu’un fantôme hante les couloirs et le grand escalier de la tourelle. Derrière ce revenant qui apparaît flanqué d’une jambe de bois se cache Malo III de Coëtquen, ancien Comte de Combourg décédé en 1721. Ce fantôme avec une allure de vieux pirate veille sur le château souvent accompagné d’un chat noir dont les miaulements torturés s’entendent jusqu’au village de Combourg…D’ailleurs, lors de travaux de restauration, les ouvriers ont découvert le cadavre desséché d’un chat emmuré, probablement vivant. C’était le triste sort réservé aux chats noirs, suppôts de Satan et le rituel préconisé à l’époque pour conjurer le mauvais sort !

Pour autant, cela n’a pas empêché le père de Chateaubriand, René-Auguste, un homme taciturne et tyrannique, de mourir seul, paralysé suite à une attaque cérébrale dans la tour dite de l’Est en 1786.
Ni en 1794, son frère aîné Jean-Baptiste, magistrat au Parlement de Paris, d’être guillotiné sur le même échafaud qu’une bonne partie de sa belle-famille.
Peu de temps après, le domaine sera même pillé et brûlé par les républicains sous le regard médusé des fantômes du château… Totalement restauré en 1876, le château, qui appartient toujours au descendant de l’écrivain, est ouvert à la visite.

La visite du château de Combourg

Une visite guidée du château, du parc et de la tour du Lac Tranquille vous dévoilera l’intimité de Chateaubriand. Labellisé « Maison des Illustres » en 2011, le château de Combourg est inscrit au titre des monuments historiques depuis 1926. Les façades et toitures du château, la salle des gardes et le vestibule sont classés en 1966.

Le visiteur pourra découvrir la Tour du Chat (XIVe s.) et la chambre qu’occupait Chateaubriand enfant. Le petit « chat fantôme » momifié est même exposé sous vitrine. La visite se poursuit autour du Grand Salon, la Salle des Archives avec le mobilier de la rue du bac, à Paris, où Chateaubriand s’est éteint le 4 juillet 1848.

Après la visite des intérieurs du château, vous pouvez emprunter le sentier littéraire qui borde la rive du lac Tranquille. Une promenade découverte à travers les sous-bois sur les traces des grands auteurs romantiques !

Photos : Yannick Le Gal / CRT Bretagne / Ouest-France

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