La tradition de Noël en Bretagne

Aucun Commentaire 4594 Vues

Petit récapitulatif des traditions bretonnes pour la Noël

En Bretagne comme ailleurs, la vie des hommes, proches de la terre, fut longtemps rythmée par la trajectoire du soleil tout au long de l’année. L’astre du jour tenait une place prépondérante dans la vénération des hommes car c’était de la bienveillance de ses rayons dont dépendaient la nourriture, la chaleur et le bien-être.
Depuis la nuit des temps, les rites de remerciements et de sacrifices étaient célébrés dès que le soleil atteignait les points significatifs de son orbite, c’est à dire aux solstices d’été parce qu’il y était le plus chaud, donc le plus généreux, et d’hiver parce qu’il reprenait le dessus sur les ténèbres.
Ce fut au solstice d’hiver, la période de l’année où les journées commencent enfin à être plus longues, que l’on concéda le plus. Les historiens s’accordent à reconnaître que, bien avant l’époque celte puis romaine, on fêtait en Bretagne la lumière triomphante, la renaissance tant attendue de la nature et l’espérance d’une vie nouvelle.
druideBien que l’on ne sache plus rien des cérémonies de l’époque, il est probable que le feu et la lumière, en tant que symboles, y jouaient un rôle important.
Les Celtes considéraient le 24 décembre, comme le jour de la renaissance du Soleil. Ils avaient coutume d’associer un arbre à chaque mois lunaire. Le 23 décembre terminait le mois du sureau et le 25 débutait celui du bouleau. Le 24 décembre qui marquait le solstice d’hiver reçut pour arbre l’épicéa qui était l’arbre de l’enfantement.
Au XIe siècle, les fidèles avaient coutume de présenter des scènes appelées Mystères, dont celle du Paradis. L’arbre du Paradis était souvent epiceasymbolisé par un sapin (symbole d’éternité avec ses épines toujours vertes) garni de pommes rouges, rappelant le fruit défendu de la Genèse. Il était également courant de placer des serpents en papier, toujours pour la même référence. Les pommes sont devenues les boules de Noël et les serpents en papier sont devenus les guirlandes.
En Bretagne, on peut encore admirer, près de Lannion, le curieux retable de Notre-Dame-du-Yaudet qui date du XVII ème siècle et montre la Vierge couchée dans un lit, Joseph est assis à ses pieds. On croyait, en Bretagne, qu’un enfant malade, placé près de l’enfant Jésus dans la crèche, pendant la messe de minuit, guérissait de sa maladie.

On l’appelait «Kef Nedeleg»

Les coutumes et les croyances anciennes sont nombreuses : la bûche de Noël était une bûche énorme, provenant d’un hêtre, d’un chêne, d’un ormeau ou d’un arbre fruitier. On l’appelait «Kef Nedeleg» et on l’aspergeait d’eau et de sel avant de la brûler. A la fin de la veillée, on l’éteignait pour la conserver jusqu’à l’année suivante ou on récupérait ses cendres que l’on conservait dans un petit sac qui, placé dans la maison, la protégeait des incendies.

Les miracles de cette nuit magique ont lieu pendant que sonnent les douze coups de minuit : Alors, on entend le son des cloches des villes englouties et l’on peut voir des menhirs comme les pierres de Plouhinec qui sortent de terre pour aller boire à la source puis s’en reviennent après les 12 coups de minuit sonnés ! Ils ont laissé à découvert tout un trésor caché par leur poids mais il faut se hâter pour s’en saisir avant leur retour !

Le triomphe de la lumière sur les ténèbres

C’est une nuit de privilèges où aucun esprit malfaisant ne peut surgir, nul maléfice, nulle sorcière ne peut agir.
Puisqu’il s’agissait du triomphe de la lumière sur les ténèbres, le trajet jusqu’à l’église pour assister à l’office se faisait à la lueur des torches. Pendant toute la durée de la messe de minuit, les animaux pouvaient parler. Certaines personnes, restées à la maison pendant l’office, disposaient des couronnes de paille dans les champs autour des pommiers pour assurer une belle récolte.

Autrefois, les petits « Noëlloux » (chanteurs de Noël) scandaient de porte en porte le même refrain :
«Chantons Noël pour une pomme, pour une poire, pour un petit coup de cidre à boire» et leur chant était récompensé par quelques sous ou par des friandises (comme le caramolet, sucre caramélisé) que l’on vendait dans les épiceries de la rue Saint-Malo à Rennes, enveloppé dans du papier journal.
Il y eut une époque où les bergers de Bretagne (si l’on en croit un Noël du XVIIème siècle) se transportèrent jusqu’à Bethléem pour déposer leurs présents aux pieds de l’enfant Jésus et lui danser une «tricottée» d’honneur :

Chantons Noël
Chantons la tricottée
Car la paix est criée
Chantez de là et moi de ça
A gorge déployée
Accordons bien nos chalumeaux
Marie est accouchée !

caramoletOn était pauvres en Bretagne et les sabots, déposés au pied de l’âtre, ne recevaient souvent que des pommes rouges bien frottées, appelées «pommes du paradis» ou une orange devenue «pomme d’orange».
On jouait des pastorales dans les églises de village et une légende conte le miracle de Ste Berthe, pauvre infirme sans bras, qui reçut l’enfant de Marie sur ses genoux et qui retrouva ses mains et ses bras pour langer le divin Enfant en lui chantant la berceuse de Nedeleg (Noël en breton).
On peut visiter sa chapelle à Sillac, près de Mur-de-Bretagne et admirer sa statue au dessus de la fontaine de Saint-Hernin.

Merci à Christophe Méchin – Directeur de la maison des contes et légendes de Cornouaille.

Spread the love

Articles liés

Laisser un commentaire

Votre e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont marqués ( requis )

Incontournables