La folle histoire de « la dame de St-Lunaire » et de son incroyable château !

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Près de Dinard en Ille-et-Vilaine vivait Jeanne Devidal , celle que l’on surnommait « la folle de Saint-Lunaire » ou plus affectueusement « la Dame de Saint-Lunaire ». Pendant 40 ans, elle a bâti une maison incroyable, un « château branlant » entièrement construit à partir de matériaux de récupération et rasé en 1991.

Un « château » à la fois fascinant et inquiétant !

Jadis située à quelques dizaines de mètres du bord de mer sur le boulevard des Tilleuls de Saint-Lunaire, cette incroyable construction, aussi improbable que rudimentaire, défie les lois de l’architecture ! Les murs sont un agglomérat de bric et de broc fait de vieilles paires de chaussures, de coquillages, des cageots, des boîtes de sardine, de bois flotté, de plastique… Le tout consolidé à grand renfort de brouettes de ciment !
À l’intérieur, c’est un véritable complexe labyrinthique que la bonne dame façonne sans relâche au fil des années. Côté déco, « la Dame de St-Lunaire » fait pousser un grand tilleul au milieu du salon.
Dans les années 80, cette maison unique au monde fait partie des « incontournables » de la région et devient une étape obligée des autocaristes et des touristes japonais en mal d’insolite.
Bien souvent, la mairie de Saint-Lunaire tente de faire raser cette singulière bâtisse jugée insalubre, sous la pression des riverains qui craignent une invasion de rats ou de voir la demeure s’écrouler. Sans succès. Pendant près de quarante ans, l’étrange édifice reste en place et résiste même à l’ouragan d’octobre 1987 ! C’est en 1991, un an après le départ de madame Devidal en foyer-logement, que la maison est rasée…

Mais qui était donc la « Dame de Saint-Lunaire » ?

Née à Brest en 1908, Jeanne Devidal s’installe à Saint-Lunaire au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. Dès lors, elle commence à poser la première pierre de sa maison qui allait devenir l’œuvre de toute une vie.
Personnage énigmatique, ce petit bout de femme qui intrigue et inquiète, est à l’époque bien connue des habitants.  Sa maison fait frémir les enfants qui guettent à chaque instant l’apparition quasi fantomatique de celle que l’on surnomme « la folle de Saint-Lunaire ». Pourtant, ceux qui l’ont côtoyée à la fin de sa vie évoquent une personne très gentille et attentive aux autres.
Selon les bruits qui courent, Jeanne Devidal aurait été « protégée » par De Gaulle dont on dit qu’elle fut une proche. Ce qui explique peut-être la maison de la célèbre bâtisseuse lunairienne échappa à maintes reprises à la destruction, et ce, malgré l’insistance des pouvoirs publics.
Suite à des problèmes de santé, la vieille dame de Saint-Lunaire fait ses valises et, contre son gré, habite un foyer-logement à Saint-Briac. Elle y réside pendant 17 ans, jusqu’à sa mort à l’âge de 100 ans en juillet 2008.

Le pourquoi du comment de cette demeure fantasmagorique ?

Pourquoi a-t-elle entrepris la construction d’un tel édifice ? Délires de persécution ou dessein d’une écorchée vive adepte de l’art brut, personne ne sait vraiment… Agathe d’Oléron (qui a réalisé un documentaire sur « La dame de Saint-Lunaire » sorti au printemps 2016) évoque une douloureuse expérience que Jeanne Devidal aurait vécue durant la seconde guerre mondiale en Normandie, ayant vu des proches mourir sous ses yeux. Peut-être voulait-elle transformer sa maison en bunker indestructible et s’y retrancher. Toujours est-il que, jusqu’à la fin de ses jours, Jeanne Devidal ne s’est jamais exprimée sur ses motivations. Le mystère reste entier et c’est ce qui rend cette histoire intrigante ! Cette petite histoire vous a plu, découvrez celle de Naïa, la sorcière de Rochefort-en-Terre !

 

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