Pourquoi le beurre de Bretagne est-il salé ?

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On parle beaucoup en ce moment de la pénurie de beurre en Bretagne et c’est l’occasion de se demander pourquoi la Bretagne est depuis toujours le pays du beurre salé.
Au XIVe siècle, le roi Philippe VI de Valois impose à tout le royaume une taxe sur le sel, qui allait perdurer plus de 400 ans, que l’on appelle la gabelle. Le sel devient une denrée de luxe très chère et la population abandonne le beurre salé pour le beurre doux. Seule la Bretagne passe entre les mailles du filet. Le Breizh Blog vous propose d’en savoir plus sur la gabelle, cet impôt qui aurait pu changer nos habitudes alimentaires !

Au Moyen âge, le sel pouvait être échangé contre de l’or !

Au Moyen âge, le sel vaut de l’or ! Il est utilisé comme monnaie d’échange et une partie de la solde des travailleurs pouvait être payée en sel. D’ailleurs, le mot salaire vient du latin salarium, dérivé de sal, le sel. Pas étonnant que très tôt le sel fut appelé l’« Or Blanc » ! En effet, à l’époque le sel est une denrée indispensable et sans équivalent pour conserver les aliments et enrichir la nourriture du bétail.

Tiens, si on inventait une nouvelle taxe pour remplir les caisses ?

Au XIIIe siècle, la vente du sel permet de remplir les caisses du royaume de France. L’État en détient le monopole. Il contrôle alors la production, la distribution et le prix de vente de cette précieuse denrée. Les gens en achètent en petite quantité, car le sel est soumis à une forte taxe. En 1343, Philippe VI de Valois va plus loin et décide de faire du sel un instrument fiscal généralisé et permanent. C’est ainsi qu’entre en vigueur durablement la Gabelle, l’impôt sur le sel !

Les contrebandiers bretons et le commerce frauduleux du sel

Toutes les provinces du royaume de France ne payent pas la même taxe. À Paris, territoire de grande gabelle, le sel est extrêmement cher et il est même rationné ! En revanche, la Bretagne est un pays de franc-salé, c’est-à-dire qu’il n’existe pas de taxe sur le sel.  Même après 1532 lorsque la Bretagne est définitivement rattachée à la France, les Bretons sont libres d’acheter et de revendre du sel sans rien payer au roi. Pourquoi ?  Parce que la région est grande productrice de sel ! Corollairement, ce privilège d’exemption totale voit l’émergence des contrebandiers d’un nouveau genre : les « faux-sauniers » qui font transiter le sel d’une région sans taxe à une autre fortement taxée comme l’Anjou et le Maine.  On estime que le marché noir et les dépôts clandestins en Bretagne auraient fait vivre près de la moitié de la population riveraine des marches de Bretagne.  Les gabelous (surnom des douaniers toujours d’actualité) sont chargés de collecter l’impôt, mais aussi de traquer les contrebandiers, mener des perquisitions, exercer des fouilles au corps… touchant une prime à chaque prise. Les peines infligées aux contrebandiers vont d’une simple amende aux coups de fouet, des galères au marquage au fer rouge, de l’exil en Nouvelle-France (Québec) à la peine de mort s’ils avaient des armes !

La gabelle sera abolie par un décret du 1er décembre 1790, mais les paysans des quatre coins de la France se sont déjà désaccoutumés du beurre salé…sauf les Bretons bien sûr pour qui le beurre doux sera toujours un ersatz d’une fadeur rédhibitoire, un non-sens, un sacrilège !

 

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4 Commentaires

  1. Odile Buton

    j’ai fait une erreur : il s(agit de philippe le fortuné et non le bel

  2. Odile Buton

    1er paragraphe : sauf qu’au XIV° siècle, la Bretagne était un Pays Indépendant du royaume de france et philippe le bel n’avait rien à imposer chez nous !
    c’était la Guerre de Succession en Bretagne pendant la guerre de 100ans de france
    voir Wikipedia « guerre de Succession de Bretagne »

  3. Bernez Torque

    Si la Bretagne n’a pas été soumis à cet injuste impôt sur le sel, seul moyen de conservations des aliments à l’époque, vous oubliez de préciser que c’est tout simplement, parce qu’à cette époque là, elle était encore indépendante et n’avait pas besoin de lever cet impôt. En effet, l’argent était beaucoup mieux géré en Bretagne qu’à paris, comme toujours d’ailleurs…

  4. Bernez Torque

    Si à cette époque, la Bretagne n’a pas été soumise à cet impôt du sel, c’est tout simplement qu’elle était indépendante et n’avais pas besoin de cet impôt. L’argent étant bien mieux géré qu’à paris, comme toujours d’ailleurs !

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